LL sur son île

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« L’île est ce que la mer entoure, et ce dont on fait le tour, elle est comme un oeuf. Oeuf de la mer, elle est ronde. tout se passe comme si, son désert, elle l’avait mis autour d’elle, hors d’elle. Ce qui est désert, c’est l’océan tout autour. C’est en vertu des circonstances, pour d’autres raisons que le principe dont elle dépend, que les navires passent au loin et ne s’arrêtent pas. Elle est désertée plus qu’elle n’est un désert. Si bien qu’en elle-même elle peut contenir les plus vives sources, la faune la plus agile, la flore la plus coloriée, les nourritures les plus étonnantes, les sauvages les plus vivants, et le nauffragé comme son fruit le plus précieux, enfin pour un instant le bâteau qui vient le chercher, malgré tout cela elle n’en est pas moins l’île déserte. Pour modifier cette situation, il faudrait opérer une redistribution générale des continents, de l’état des mers, des lignes de navigation. C’est dire à nouveau que l’essence de l’île déserte est imaginaire et non réelle, mythologique et non géographique. Du même coup son destin est soumis aux conditions humaines qui rendent une mythologie possible. La mythologie n’est pas née d’une simple volonté, et les peuples ont tôt fait de ne plus comprendre leurs mythes. C’est même à ce moment-là qu’une littérature commence. La littérature est l’essai d’interpréter très ingénieusement les mythes qu’on ne comprend plus, au moment où on ne les comprend plus, au moment où on le les comprend plus parce qu’on ne sait plus les rêver ni les reproduire. » (Gilles Deleuze)

Les choses sans les mots